Politique et vie culturelle

Politique et vie culturelle

Membres du comité

  • Danielle Bois, présidente
  • Denis Godin
  • Patricia Leclerc
  • Suzanne Claveau
  • Robert Dumont
  • France Audet

Saviez-vous que?

La rivière Portneuf est sortie de son lit plus d'une fois

Ces informations ont été recueillies et mises en forme sous l'égide du Comité culture et patrimoine de Ville de Portneuf.

5 avril 1831   Dégel Le pont Portneuf (1ère Avenue) est emporté; un nouveau pont est reconstruit avec le bois du pont brisé.
août 1893   Inondation  Le pont Portneuf est emporté de nouveau et remplacé.
 13 juin 1902 Inondation 

Le pont Portneuf et le pont de la Noreau (rue Des Pruches) sont emportés tous les deux; le pont Portneuf est remplacé

par un pont contenant des éléments de métal.

1er septembre 1938  Inondation C'est le grand coup d'eau; le pont Portneuf est endommagé; on compte des décès.
26 septembre 2005   Inondation

Une pluie diluvienne s'abat sur la région; la rivière sort de son lit, dénude une culée du pont Bishop,

emporte en partie le pont des motoneigistes, inonde sur son passage.


La poste

Ces informations ont été recueillies et mises en forme sous l'égide du Comité culture et patrimoine de Ville de Portneuf.

Depuis 150 ans, les citoyens vont chercher leur courrier dans la même zone que l'actuel bureau de poste du secteur sud de la ville. Ce geste quotidien, devenu routinier, fait cependant partie de l'histoire de Portneuf.

Sources : Alain et Jean-Charles Marcotte Recensements civils de 1825 à 1901 Postes Canada

Dates Maîtres de poste  Caractéristiques 
 1832 A. Gaudry  
1853-1854 J.-E. Thibodeau Bourgeois dont la fortune est déjà acquise
1855-1860 Siméon Larue Commerçant Zone du bureau de poste actuel
1860-1874 Charles Gaulin Commerçant boulanger Zone du bureau de poste actuel
1874-1895 F.-X. Treffle Hamelin Frère de Joville Zone du bureau de poste actuel
1896-1897 Joseph Marcotte Commerçant Zone du bureau de poste actuel
1897-1921 Joville Hamelin Soeur de F.-X. Treffle Zone du bureau de poste actuel
1923-1964 Isidore Marcotte Père de J. Charles Bureau de poste actuel
1964-1998 J. Charles Marcotte Lui et son père totalisent 75 ans dans le bureau de poste actuel

L'horticulture et le printemps

Ces informations ont été recueillies et mises en forme sous l'égide du Comité culture et patrimoine de Ville de Portneuf.

Les journées allongent et le soleil nous réchauffe. C'est la saison des achats de graines et des semis, etc. Bientôt, nous visiterons les centres jardin, les pépinières et les serres de la région pour faire nos achats de plants. Ça sent le printemps! Le rituel était le même en 1864?

Lisez plutôt cet extrait du catalogue de :


La plantation du mai

Ces informations ont été recueillies et mises en forme sous l'égide du Comité culture et patrimoine de Ville de Portneuf.

À Portneuf, quand le seigneur concède une terre par contrat, on retrouve habituellement la formule suivante :

« Sera aussi tenu conjointement avec les autres habitants du dit lieu de contribuer à planter ou faire planter un may devant la porte du manoir de la dite Seigneurie au premier jour de chacun mois de may ».

Tiré du contrat de concession à François Gignac, 1684.

Tradition populaire pour saluer le printemps et rassembler les gens isolés pendant l'hiver, voici comment se déroule LA PLANTATION DU MAI.

Souvent, au lever du soleil, des hommes se rendent dans la forêt couper le plus haut sapin. Ils l'ébranchent et l'écorcent en prenant soin de conserver le bouquet à la cime (touffe de branches proportionnée à la hauteur de l'arbre).

Ils le décorent de fleurs de papier et de rubans de toutes sortes. Tous les habitants de la paroisse se joignent à eux. Ils forment un cortège pour se rendre élever ce mai devant le manoir seigneurial ou devant la maison de toute personne qu'on veut honorer, comme le curé, par exemple. Sur les lieux, on creuse un trou profond dans lequel on descend le mai, puis on le consolide. Des coups de fusil annoncent que tout est prêt. On trinque.

Le seigneur invite tout le monde à déjeuner. Une succession de chants et de contes prolongent la fête.

(Provencher et Blanchet, référence citée plus haut)


La chapelle anglicane Christ Church

Ces informations ont été recueillies et mises en forme sous l'égide du Comité culture et patrimoine de Ville de Portneuf.

La chapelle anglicane Christ Church, située à Ville de Portneuf, a brûlé dans la nuit du 24 au 25 octobre 2005. Tout a été détruit. La perte est totale.

Le site était et demeure exceptionnel! L'environnement immédiat est à la fois boisé et bucolique.

Isolée, la chapelle était située au coeur d'un charmant petit cimetière, dans un rang du secteur nord de la ville appelé rang de la Chapelle. Le cimetière est toujours là.

Le troisième dimanche de juin, ce lieu est encore utilisé annuellement par la communauté irlandaise de Portneuf et d'ailleurs (Montréal, États-Unis, Irlande, etc.) pour une cérémonie en mémoire des disparus.

Le site est entretenu par des membres de la communauté. Les objets de valeur, comme l'harmonium, avaient été déménagés à l'église Saint John Evangelist, du secteur sud, avant l'incendie.

Valeur architecturale de la chapelle

La chapelle anglicane Christ Church était considérée comme un bijou du patrimoine religieux portneuvois.

Lors de l'inventaire effectué par Hélène Bourque, consultante en histoire de l'architecture, sur tout le territoire de la MRC de Portneuf en 2000, la chapelle avait reçu la cote A. La construction de cette chapelle remonte au milieu du XIXe siècle.

Elle témoignait d'une architecture vernaculaire originale. Érigée par des cultivateurs pauvres, la modeste construction sans vitraux présentait toutefois des détails qui savaient retenir l'attention. Les fenêtres en ogives et la tour crénelée d'inspiration néogothique se mariaient aux formes néoclassiques du porche, composé d'un fronton et de colonnes.

L'extérieur était magnifiquement conservé et la chapelle était entretenue par la communauté irlandaise.

Grande valeur historique

Construite en 1842, la chapelle Christ Church d'Halesboro était l'un des derniers témoins de la présence de la communauté irlandaise dans Portneuf. Le nom d'Halesboro est venu du nom du seigneur de Portneuf, Edward Hale, qui avait cédé le terrain où a été bâti ce bourg irlandais. Il comprenait aussi un presbytère et une école. Ne restent plus que les pierres tombales du cimetière.

La chapelle était la deuxième plus vieille église en bois du comté. En 2000, le comité multisectoriel du patrimoine religieux de la MRC avait recommandé que le site soit déclaré monument historique.

(rédigé par Michelle Marquis, pour le Comité culture et patrimoine, avril 2006).

Références

Courrier de Portneuf, Édition du dimanche 30 octobre 2005, page 3.

Les églises et les chapelles de Portneuf, MRC de Portneuf, 33-34.

Notre-Dame de Portneuf - 126 ans d'histoire, 75 ans d'autonomie, 151-152.

Une histoire d'appartenance - Portneuf, Caroline Roy, Éditions GID, 2002, page 93.


Formation d'un corps de pompiers

Ces informations ont été recueillies et mises en forme sous l'égide du Comité culture et patrimoine de Ville de Portneuf.

9 juillet 1944

Début d'incendie à la chapelle, c'est-à-dire la première église du secteur nord.

La nécessité de faire face à un tel danger motive les premières démarches pour la construction d'une caserne

et la formation d'un corps de pompiers. Ces démarches sont menées par Joseph C. Julien et Rosaire Gauthier.

août 1945 Achat d'une pompe incendie sur roues (camion) avec 1 200 pieds de boyau (7 500 $).
2 décembre 1946

Assemblée du conseil municipal : le contrat de construction de la première caserne est accordé à J. A. Lemay;

il est aussi résolu d'acheter une pompe à feu (pompe à eau) (425 $) et de signer une entente avec la compagnie Ford

concernant l'utilisation de cette pompe.

1946-1948

Un groupe de pompiers volontaires s'occupe de la protection des incendies avec des moyens limités.

Premier corps de pompiers :

  • Rosaire Gauthier, chef (1946-1947)
  • Joseph C. Julien, sous-chef
  • Charles Julien
  • Jules Thibault
  • Lucien Frenette
  • Paul-Ernest Frenette
  • Alexandre Hardy
12 janvier 1948

Assemblée du conseil municipal :

Charles Julien est nommé inspecteur d'incendie;

Jules Thibault est nommé assistant inspecteur et chef des pompiers (1948-1949);

Clodémir Carpentier,

Lucien Frenette et Wellington Kingsborough sont nommés pompiers volontaires

1948-1988

Installation de bornes-fontaines et progrès important au niveau de l'équipement.

Quatre chefs des pompiers se succèdent :

Charles Julien (1950-1951)

Wellington Kingsborough (1952-1957)

Paul-Ernest Frenette, qui le demeure pendant 27 ans (1957-1984)

Gérard Gagné (1984-1988

1967 Achat d'un camion-pompe (16 000 $).
1968 Construction de la deuxième caserne (38 000 $).
1988

Marcel Petitclerc est nommé chef des pompiers et le demeure jusqu'à la fusion des deux corps de pompiers,

secteur nord et secteur sud. 

 

Référence : Notre-Dame de Portneuf - 126 ans d'histoire, 75 ans d'autonomie, 159-163.


Recensements de 1666 à 1971

Ces informations ont été recueillies et mises en forme sous l'égide du Comité culture et patrimoine de Ville de Portneuf.

Le premier recensement du Canada est mené en 1666 par l'intendant Jean Talon lui-même. Les 3 215 habitants de la colonie sont dénombrés en fonction de l'âge, du sexe, de l'état matrimonial et de la profession.

98 recensements coloniaux et régionaux suivent jusqu'en 1871, année du 1er recensement fédéral.

  • Recensements coloniaux : aveux et dénombrements de l'ensemble de la population de la colonie.
  • Recensements régionaux : aveux et dénombrements par région, en 1825, 1831, 1842, 1851,1861.

Au fil des recensements, les données recueillies varient selon les besoins. On ajoute et on retranche des questions concernant le bétail et les récoltes, ou les parcs de logements; au sujet des armes, ou sur les bâtiments, les églises et les moulins à grain, etc.

Par exemple, en 1765, une des priorités est de comparer « le nombre de catholiques par rapport au nombre de protestants, de dénombrer les Acadiens, les colons ainsi que les Autochtones et les Noirs. Par conséquent, de nouvelles informations sont recueillies à partir de questions sur la race, la religion et l'origine ethnique ».

Le premier recensement national du Canada a lieu en 1871.

Selon l'article 8 de la Loi constitutionnelle de 1867, auparavant l'Acte de l'Amérique du Nord britannique, un recensement décennal doit se tenir ensuite tous les dix ans.

Il est intéressant de noter la modification dans l'utilisation d'une expression particulière comme « état matrimonial ».

À l'époque (1871), l'« état matrimonial » comprend seulement : couples mariés - veufs ou veuves - autres.

Aujourd'hui, l'état matrimonial comporte cinq catégories :

  • légalement marié, mais non séparé,
  • séparé, mais toujours légalement marié,
  • divorcé,
  • veuf ou veuve,
  • jamais légalement marié,
  • célibataire.

Depuis 1881, tous les recenseurs doivent prêter un serment de discrétion.

Depuis 1971, 100e anniversaire du premier recensement national, le Bureau fédéral de la statistique est devenu Statistique Canada. En vertu de la Loi sur la statistique, la tenue des recensements de la population et de l'agriculture est maintenant obligatoire tous les cinq ans. La tradition est toujours vivante.

Référence : Historique du Recensement du Canada, site web de Statistique Canada, novembre 2006. Idée et recherches : Pierre Gignac. Rédaction : Michelle Marquis (286-4612)


La guignolée

Ces informations ont été recueillies et mises en forme sous l'égide du Comité culture et patrimoine de Ville de Portneuf.

Encore aujourd'hui, dans la vallée du Saint-Laurent, le temps des Fêtes se caractérise, entre autres, par des tournées de quêtes. On profite de cette période de rencontres et de plaisirs pour demander aux mieux nantis de partager leurs biens avec les plus démunis. La quête dite de la guignolée demeure l'une des plus importantes.

Au XIXe siècle, la guignolée est aussi appelée gnignolée, ignolée ou lignolée. La veille du jour de l'An, des jeunes gens se réunissent et parcourent les rangs des paroisses au son de la musique. Ils espèrent recueillir des aumônes en nature pour égayer les Fêtes des indigents.

Le 31 décembre, les enfants, particulièrement, ont donc le nez collé à la vitre et surveillent la venue des guignoleux. Ceux-ci se voient de loin. Aussitôt que leur joyeuse bande apparaît, quelqu'un crie : « V'LÀ LA GUIGNOLÉE! »

Les parents préparent une collation et déposent les dons sur la table. Toute la famille se poussaille pour s'habiller et aller au devant des quêteurs.

Mais attention, il ne s'agit pas de prendre d'assaut la maison. Il y a un cérémonial à respecter. Les jeunes gens entonnent d'abord la chanson « La guignolée » en battant la mesure avec de longs bâtons. Le maître et la maîtresse des lieux ouvrent alors la porte et invitent les guignoleux à entrer. Après un beigne, un morceau de pain, une rasade de rhum et un court échange de nouvelles, les quêteurs s'en retournent, portant les dons qu'on a bien voulu leur faire dans les voitures. Escortés d'enfants et de chiens du voisinage, ils se remettent à la musique.

Presque toutes les maisons des paroisses sont ainsi visitées. La quête terminée, on divise les produits récoltés en lots avant de se rendre, cette fois-ci, chez ceux qui en ont besoin.

Référence : Jean Provencher, C'était l'hiver - La vie rurale traditionnelle dans la vallée du Saint-Laurent, Éditions Boréal, Montréal, 1986, 97-99. Idée, recherche et rédaction : Michelle Marquis (286-4612).

La chanson de la Guignolée

Bonjour le maître et la maîtresse
Et tous les gens de la maison.
Nous avons fait une promesse
De v'nir vous voir une fois l'an.
Une fois l'an' Ce n'est pas grand'chose
Qu'un petit morceau de chignée.
Un petit morceau de chignée,
Si vous voulez.
Si vous voulez rien nous donner,
Dites-nous-lé.
Nous prendrons la fille aînée,
Nous y ferons chauffer les pieds!
La Ignolée! La Ignoloche!
Pour mettre du lard dans ma poche!
Nous ne demandons pas grand'chose
Pour l'arrivée.
Vingt-cinq ou trent'pieds de chignée,
Si vous voulez.
Nous sommes cinq ou six bons drôles,
Et si notre chant n'vous plaît pas,
Nous ferons du feu dans les bois,
Étant à l'ombre;
On entendra chanter l'coucou
Et la colombe!
S'CUSEZ-LA!!!

Version « telle qu'on la chantait encore en Canada, il y a quelques années ».

Rapportée en 1863 par Joseph-Charles Taché, dans la Gazette des campagnes.


Loisirs d'hiver d'autrefois

Ces informations ont été recueillies et mises en forme sous l'égide du Comité culture et patrimoine de Ville de Portneuf.

Avant, lorsqu'il y avait encore des tempêtes de neige dignes de ce nom, le territoire entourant les secteurs nord et sud de Ville de Portneuf était doté de nombreuses pentes qui favorisaient les loisirs d'hiver. Un peu partout, les adeptes y avaient accès : côte du C, rue Provencher, derrière les maisons de la 1re Avenue Est et Ouest, secteur Saint-Charles, etc.

Les loisirs d'hiver d'autrefois, ce sont?

Des essaims d'enfants, parfois jusqu'à 30 ou 40, glissent en traîneaux et en traînes sauvages. Les plus débrouillards transforment des annonces de métal de Coke, Pepsi, Esso ou Firestone en véhicules tout aussi performants sur les côtes enneigées.

Les jeunes et les moins jeunes pratiquent le ski de randonnée, entre autres sous l'ancienne ligne du chemin de fer Transcontinental.

Entre 1974 et 1984, le territoire couvert par le club de ski de fond et raquette L'érablière compte six pistes aménagées avec deux relais sur un parcours de 20 kilomètres : Saint-Paul, rang Saint-Joseph et Portneuf.

Les skieurs et les patineurs les plus téméraires profitent du passage des autos pour s'y accrocher. Les chauffeurs de taxi en savent quelque chose. Heureusement, aucun accident fâcheux à signaler pour le moment. Ceux qui sont davantage prudents se dirigent vers les patinoires.

Au cours des années 40, la patinoire du secteur nord est installée entre la gare du Canadien Pacifique et la propriété de M. Philippe Frenette.

Plus tard, elle se retrouve en arrière du presbytère puis, en 1963, année de la construction de la bâtisse des Loisirs, elle est assemblée à son emplacement actuel.

Durant les belles saisons de hockey, les équipes de Portneuf accumulent plus de victoires que de défaites.

Les courses en traîneaux à chiens sont également populaires. Le départ est donné chez M. Clovis Bourque du rang de la Chapelle et l'arrivée est fixée à la voie ferrée du Canadien Pacifique. Donc, une distance de 6,7 kilomètres.

Au nord comme au sud, les jeunes s'amusent à ériger des forts et des cabanes en blocs de neige découpés à la pelle. Une fois terminés, on s'empresse d'allumer un feu à l'intérieur pour glacer la charpente et du même coup la rendre plus solide. À la lueur du fanal à l'huile, la cabane devient ainsi un coin de rassemblement important.

Les loisirs d'hiver d'aujourd'hui, ce sont? Mais au fait, qu'est-ce qui a changé?

Référence : Notre-Dame de Portneuf, 126 ans d'histoire, 75 ans d'autonomie, 203-204, 208. Idée et recherche : Fannie Ratté Recherche et rédaction : Michelle Marquis


Les activités maritimes

Ces informations ont été recueillies et mises en forme sous l'égide du Comité culture et patrimoine de Ville de Portneuf.

Il y a exactement deux siècles que les activités maritimes ont débuté à Portneuf.

En janvier 1807, le marchand William B. Coltman fait ériger un quai de bois et un hangar à deux étages à l'embouchure de la rivière.

Dans les années qui suivent, les frères Coltman se portent acquéreurs du front de plusieurs terres sur le bord du fleuve Saint-Laurent, afin d'aménager un chantier naval. Ces terrains prennent alors le nom de « devanture ».

Entre 1810-1813, quatre navires de trois mâts sont construits à cet endroit.

Vers 1824, la « devanture » et le quai deviennent la propriété du seigneur Edward Hale.

En 1854 il est fait mention de trois quais dans ce secteur, soit :

  • le quai de la Reine sur le côté ouest de la rivière;
  • un grand quai sur le fleuve Saint-Laurent;
  • un vieux quai, possiblement celui de 1807, situé près du grand quai.

En 1863 la succession de Edward Hale vend le grand quai et une partie des terrains voisins aux représentants de Georges Burns Symes, propriétaire de la seigneurie depuis 1858.

En 1882 la fille de ce dernier, Marie-Anne-Claire, marquise de Bassano, cède le tout à Jean Demers.

À la fin du 19e siècle - début du 20e siècle, Clovis Arcand s'en porte acquéreur, en même temps que du moulin seigneurial. Par la suite, le quai devient la propriété de la famille Lemay qui exploite un moulin à scie à proximité.

Aujourd'hui encore, le quai Lemay et le quai de Portneuf témoignent de l'histoire maritime de ce secteur

Références. Archives Nationales du Québec, divers greffes de notaires.

Bureau de la publicité des droits de Cap-Santé. Album souvenir du centenaire de Portneuf, 1861-1961.

Idée, recherches et rédaction. Jean-François Corbeil. Janvier 2007

Rédaction et mise en page. Michelle Marquis, comité culture et patrimoine. (286-4612)


La cabane à sucre

Ces informations ont été recueillies et mises en forme sous l'égide du Comité culture et patrimoine de Ville de Portneuf.

Les coutumes et les croyances populaires concernant la cabane à sucre se transmettent d'une génération à l'autre, grâce aux générations de sucre qui se succèdent et aux conteurs. En voici quelques unes. L'influence de l'Église y est souvent présente.

Les augures

À ce qu'on dit, les premiers cris des corneilles annoncent l'arrivée du temps des sucres mais lorsqu'on entend ceux des outardes, ou lorsque la neige s'apparente à du gros sel, la coulée tire à sa fin. Il paraît même que lorsque les plaines coulent beaucoup, le printemps sera gros et quand la neige tombe d'apparence mouillée et épaisse, c'est signe d'une bordée des sucres.

L'apparition de l'oiseau de sucre signifie qu'il est temps d'entailler, tandis que les papillons des sucres noyés dans les chaudières des érables annoncent la fin de la coulée. Par ailleurs, lorsque la Grande Ourse, la Casserole des sucriers, devient plate à l'horizon, le temps des sucres est arrivé.

Don de sucre

Le sirop, la tire et le sucre font partie des aliments qu'on vend à la porte de l'église à l'occasion de la criée des âmes. L'argent qu'on en retire sert à faire chanter des messes pour les défunts de la paroisse. À certains endroits, on utilisait le sucre pour payer la dîme.

Le sucre, comme la viande lors de boucheries, peut être donné au voisin qui n'entaille pas, de même qu'à l'institutrice ou au curé. Les vieux parents qui se sont retirés au village, tout comme les frères, les soeurs et les enfants qui vivent éloignés, ont droit à leur sucre du bien paternel.

Il arrive qu'un amoureux remette un coeur de sucre à sa fiancée et celle-ci, en prenant la première croquette de sucre, formule un voeu, généralement celui de se marier bientôt.

Le passage de l'adolescence

L'une des étapes les plus importantes de la vie d'un jeune homme est celle qu'il franchit lorsqu'il passe de l'enfance à l'adolescence. Dans la Beauce, lorsqu'on confiait à un garçon la responsabilité de la cabane pendant la nuit pour faire bouillir, c'était signe qu'il avait laissé le groupe de l'enfance, et qu'il était assez vieux pour regarder par dessus la clôture, c'est à dire pour rencontrer des jeunes filles.

Rôle protecteur de la cabane à sucre

Une légende rapporte qu'un homme était poursuivi par un bandit et que, passant devant une cabane dont la porte n'était pas verrouillée, il entra s'y cacher. Aussitôt qu'il eût franchi le seuil, des araignées tissèrent leurs toiles, laissant croire au poursuivant que personne n'était entré depuis longtemps. L'homme fut sauvé et depuis lors, aucun sucrier ne barre la porte de sa cabane durant l'année.

Pendant la guerre '39-'45, nombre de conscrits se cachèrent dans les cabanes à sucre.

Toute l'année, dans la cabane, on laisse des allumettes dans une petite boîte de fer blanc placée bien en vue sur une poutre, de même que du sirop d'érable. On dit qu'une personne perdue en forêt et qui s'y réfugierait pourrait ainsi se maintenir en vie.

La bénédiction des érables et autres coutumes religieuses

Certaines manifestations religieuses ont complètement disparu.

Par exemple, la bénédiction des érables qui avait lieu chaque année au XIXe siècle. Le curé, en habits sacerdotaux, suivi de ses paroissiens, se rendait dans une sucrerie et bénissait les érables en y jetant de l'eau bénite.

Le jour des Rogations, on se rendait à l'église et toute la famille priait pour que la prochaine récolte d'eau d'érable soit abondante. On priait aussi pour remercier Dieu lorsque la saison des sucres se terminait.

La statuette de Notre-Dame-des-Érables a sa place dans de nombreuses cabanes. Cette figurine, jadis sculptée dans une pièce de bois de cèdre ou de pin, est maintenant en verre ou en plâtre; elle représente la Vierge tenant d'une main l'Enfant-Jésus, et de l'autre une feuille d'érable.

Le rameau de sapin béni placé au dessus d'une poutre est encore présent, et à certains endroits, on retrouve aussi des médailles religieuses.

Le rameau de sapin béni était intégré à la technique du bouillage. Cette petite branche était suspendue juste au dessus de la bouilleuse, et dès que le gonflement du sirop avait lieu, elle avait la vertu d'arrêter le débordement. Une petite couenne de lard salé, de même que l'eau, le beurre, le lait ou la crème pouvaient aussi contrôler l'ébullition.

Art populaire et moules à sucre

Les formes et les motifs d'art populaire qui décorent les moules à sucre cachent un symbolisme profond. Ces images conventionnelles sont nombreuses et, sorties du subconscient, elles traduisent une recherche de la vie. Les motifs décoratifs des estampes et des moules à sucre se regroupent sous différents thèmes: la végétation, les astres, les formes géométriques, les organes vitaux du corps humain, etc. On retrouve la rouelle, le soleil, les fleurs, la gerbe de blé, le coeur, le phallus, etc.

Les superstitions

Le sucre de la punition fait aussi partie de la littérature orale du temps des sucres. Ainsi, le sucrier qui travaille dans son érablière au lieu d'assister au chemin de croix du Vendredi Saint voit ses érables laisser couler des gouttes de sang au lieu de sève.

Le propriétaire décédé avant d'avoir reçu le paiement dû pour la vente de sa sucrerie peut revenir tourmenter les bouilleurs pendant la nuit.

Une tradition faisant partie du droit populaire a également été relevée: celle d'inviter un ivrogne ou un mauvais bougre à la cabane à sucre puis de le rendre malade en lui faisant attraper la diarrhée. Il suffit de lui faire manger de la tire légèrement brûlée, ou fabriquée avec de l'eau de sève, ou encore de lui faire boire de l'eau du ruisseau.

Vocabulaire relié au temps des sucres
  • Bordée des sucres - Forte précipitation de neige qui n'arrive qu'une fois pendant le temps des sucres.
  • Bouilleuse - Évaporateur primitif pris dans son ensemble, c'est à dire la panne et le feu.
  • Eau de sève - Quand le sucrier utilise le mot sève, c'est pour désigner l'eau amère qui coule à la fin des sucres et qui ne fait pas de bons produits.
  • Générations de sucre - Le sucrier dira qu'il est de la troisième ou de la quatrième génération de sucre s'il est le troisième ou le quatrième descendant de la famille à posséder et à exploiter la même érablière.
  • Oiseau de sucre - Oiseau de la famille des bruants, fréquents à l'époque où l'on entaille les érables. Synonymes: Oiseau blanc. Oiseau de neige. Bruant des neiges.
  • Papillon des sucres - Papillon gris et blanc qui fait son apparition vers la fin de la saison des sucres.
  • Rogations - Cérémonies qui se déroulent pendant les trois jours précédant l'Ascension; elles sont destinées à attirer les bénédictions divines sur les récoltes et les travaux des champs. (Le Petit Robert 2006)
  • Rouelle - Partie de la cuisse du veau ou du porc au dessus du jarret, coupée en rond. (Le Petit Robert 2006)
  • Sucrier - Homme travaillant à la fabrication des produits de l'érable.

Référence Site web. © Érablière du Lac Beauport. Histoire du temps des sucres au Québec, sous l'onglet Coutumes et croyances.

Textes: Raoul Carrier. Conception Consultic 2000 Recherches et Idée Fannie Ratté Recherches et rédaction Michelle Marquis (286-4612)


La Fête nationale et la Saint-Jean

Ces informations ont été recueillies et mises en forme sous l'égide du Comité culture et patrimoine de Ville de Portneuf.

La fête de la Saint-Jean Baptiste était célébrée tous les 24 juin, bien avant de devenir la fête nationale de tous les Québécois.

Petite Histoire de la fête nationale des Québécois

Déjà, en des temps immémoriaux, des peuples païens célèbrent le solstice d'été en allumant un grand feu de joie pour symboliser la lumière, qui est à son apogée.

Dans la France catholique, on conserve la tradition du feu de joie pour célébrer la naissance du cousin de Jésus, Jean le Baptiste, ainsi appelé parce qu'il marque le début de la vie publique du Christ en le baptisant. Jean le Baptiste est considéré comme le précurseur du Christ, « la lumière du monde », d'où le lien avec le solstice et le feu de joie. Dans la nuit du 23 au 24 juin, à Paris, le roi de France lui-même allume le feu de la Saint-Jean.

Une fois en terre d'Amérique, les Français continuent de souligner cet événement. Les textes des Relations des Jésuites font allusion à cette coutume dès 1636, alors que la ville de Québec ne compte que 200 âmes. Le 24 juin de cette année-là, le gouverneur de Québec, monsieur de Montmagny, fit tirer cinq coups de canon. Pour les Canadiens, la Saint-Jean demeure une fête religieuse, souvent prétexte à organiser des processions dans les rues de la ville.

Le 8 mars 1834, Ludger Duvernay et quelques autres Montréalais de l'élite fondent une société d'entraide et de secours dont le nom en dit long sur les objectifs: « Aide-toi et le ciel t'aidera ». Cette société deviendra plus tard la Société Saint-Jean Baptiste, encore active de nos jours.

Le 24 juin 1834, le même Ludger Duvernay et une soixantaine de Montréalais d'origine française et anglaise organisent un banquet patriotique, la première véritable célébration nationale de la Saint-Jean. Il est important de souligner qu'à cette époque, au Bas-Canada, « être nationaliste » signifie désirer s'affranchir de la métropole, c'est à dire la Grande-Bretagne. Il ne faut donc pas se surprendre de voir un grand nombre d'anglophones de Montréal participer à ce banquet nationaliste.

Ce banquet est un véritable succès. Dans son édition du 26 juin 1834, le journal La Minerve conclut : «Cette fête, dont le but est de cimenter l'union des Canadiens, ne sera pas sans fruit. Elle sera célébrée annuellement comme fête nationale et ne pourra manquer de produire les plus heureux résultats.»

Mise en veilleuse pendant et après les soulèvements des patriotes de 1837-38, la fête renaît à Québec en 1842, en tant que fête religieuse, et donne lieu à une grande procession. Puis à Montréal en 1843, dans les mêmes circonstances. Ce furent nos premiers défilés de la Saint-Jean.

Références. Ces données historiques ont été trouvées à partir du site internet de la Société Saint-Jean Baptiste.

Malgré notre bonne volonté, il a été impossible de retracer l'auteur ou la source.

Idée et recherches Fannie Ratté Recherches et rédaction Michelle Marquis (286-4612)